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dimanche 22 mai 2011



Une porte qui troue une large enceinte de hauts murs et derrière cette enceinte un parc, un parc sérieux avec des arbres sérieux et derrière tous ces arbres qui entrelacent leurs branchages, la silhouette d'une haute demeure, une maison de maître, une grande bâtisse compliquée.
Les âmes grises - Philippe Claudel

mardi 17 mai 2011


Des rangées de logements ont poussé dans ce qui jadis était emblavé. De pleines petites rues construites à l'identique les unes des autres. Des maisons louées pour rien, ou pour beaucoup - le silence, l'obéissance, la paix sociale -, à des ouvriers qui n'en espéraient pas tant, et à qui ça a fait tout drôle de pisser dans un water et non plus dans un trou noir percé au milieu d'une planche de sapin.
Les âmes grises - Philippe Claudel


Elle, c'était autre chose : elle venait du meilleur monde, celui de la terre aussi, mais pas celui qui la travaille, celui qui la possède depuis toujours. En dot, elle avait apporté à son mari plus de la moitié de ce qu'il possédait, et quelques bonnes manières. Puis elle s'était retirée, dans les livres et dans les ouvrages de dames.
Les âmes grises - Philippe Claudel

C'était un homme grand et sec, qui ressemblait à un oiseau froid, majestueux et lointain. Il parlait peu. Il impressionnait beaucoup. Il avait des yeux clairs qui semblaient immobiles et des lèvres minces, pas de moustache, un haut front, des cheveux gris.
Les âmes grises - Philippe Claudel